BIOLOGIE

Pourquoi le hérisson a-t-il des piquants ?

Adorable insectivore, de nos contrées ou en captivité, le hérisson se caractérise par la présence d’une redoutable armure de piquants. Mais pourquoi donc ?

Selon les principes de l’écologie moderne, toutes les populations animales sont constituées d’individus adaptées à leur milieu. D’un point de vue de hérisson, cette adaptation au milieu se traduit par la présence d’une formidable armure de piquants, implantée sur des muscles dorsaux très puissants et très mobiles.

Qu’il vienne de nos contrées européennes ou soit un spécimen pygmée né en captivité, le hérisson est très grand pour un insectivore. Quand il arpente les sols en quête permanente de petits invertébrés, il ne peut pas faire preuve de la même agilité et rapidité que les petites musaraignes, par exemple. Il est donc contraint de rester à découvert, bien visible, et constitue donc une proie facile pour les prédateurs. Or, quoi de plus efficace que des piquants pour s’en protéger ?

Les piquants du hérisson sont en fait des poils modifiés, longs de 2 à 3 cm et d’environ 2 mm de diamètre, à l’extrémité très pointue. Ils sont implantés dans la peau de son dos comme les poils de n’importe quel autre mammifère. Ils sont orientés dans tous les sens et s’entrecroisent.

À la racine de chaque piquant, on observe un bulbe hémisphérique logé sous la peau, qui se prolonge par ce qu’on appelle une crosse. La crosse est en fait le « début », la base du piquant juste avant la sortie de celui-ci hors de la peau. Cette base est très étroite, de façon à pouvoir se plier facilement sans se casser. Ainsi, si le hérisson reçoit un choc sur les piquants ou tombe sur le dos, la force du choc est atténuée par les crosses, qui agissent comme des ressorts.

L’intérieur des piquants est creux et constitue une sorte de tube. Les parois sont renforcées par des cannelures qui rendent les piquants rigides et résistants, de la même manière que le gaufrage du carton ondulé.

Tout au long de sa croissance et de sa vie, le hérisson développe de plus en plus de piquants, jusqu’à en doubler le nombre de naissance. Ainsi, un adulte de 700 g environ porte environ 6 000 piquants, et un animal de deux fois ce poids peut en totaliser 8 000 !

Comme les piquants ne sont après tout que des poils, le hérisson « mue » régulièrement : chaque piquant pousse – comme un poil – en permanence et finit par tomber, pour être remplacé par un nouveau. Ce processus peut prendre environ 18 mois. On ne constate pas de mue saisonnière comme c’est le cas chez d’autres mammifères ; en effet, ce serait trop dangereux pour le hérisson de perdre tous ses piquants d’un coup plusieurs fois par an : il serait privé de sa défense naturelle.

Les piquants du hérisson sont blancs à brun foncé, en passant par le gris. Ils sont souvent clairs à la base et à la pointe, et foncés au milieu. Quant aux poils qui recouvrent la peau du ventre, ils présentent la même couleur gris-brun, pour un camouflage parfait. Ceux qui poussent sur les flans en bordure des piquants sont assez longs et hirsutes.

Par Marie-Sophie Germain

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