ESPÈCES/RACES MISES EN GARDE

Le cochon d’Inde n’est pas un animal sauvage !

Beaucoup de propriétaires de cochons d’Inde souhaitent « reproduire le mode de vie originel » de leurs compagnons en les faisant vivre dehors « comme dans la nature ». Mais il faut savoir que contrairement aux idées reçues, le cobaye n’est pas un rongeur sauvage, mais un animal domestique depuis des milliers d’années !

Il n’existe pas « tel quel » dans la nature !

Les scientifiques estiment que la domestication du cochon d’Inde aurait commencé il y a environ 7000 ans, dans les régions montagneuses du Pérou, à environ 4500 m d’altitude. Des archéologues ont même retrouvé des restes de corps de cobayes dans des temples datant de 2500 ans avant notre ère !

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La polémique fait encore rage en ce qui concerne l’ancêtre sauvage de notre petit compagnon : Cavia aperea, Cavia tschudii, Cavia aperea tschudii ou Cavia cutleri ? Notre cobaye actuel est vraisemblablement un hybride issu de deux espèces sauvages. Ainsi, Cavia porcellus n’existerait pas à l’état sauvage, de même que bien d’autres espèces de compagnie ou de basse-cour actuelles. Tous les « cobayes sauvages » que vous pouvez voir dans les zoos, dans des documentaires ou sur des photos appartiennent donc à une autre espèce que Cavia porcellus ; il s’agit le plus souvent de Cavia aperea.

Cinquante ans après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, le cochon d’Inde était déjà connu dans presque toute l’Europe. Cet animal exotique fut réservé aux riches et la Reine Elisabeth en possédait même un ! Par la suite, le cochon d’Inde gagna petit à petit les foyers d’éleveurs passionnés puis d’amateurs de tous âges et de tous continents. Ainsi, notre petite boule de poils dodue est issue de plusieurs milliers d’années de sélection, tout d’abord pour la chair, et ensuite pour son type, ses couleurs et la qualité de son pelage.

Il ne peut pas survivre dans la nature !

Certaines personnes pensent bien faire en faisant vivre leurs cobayes « à la dure », sans aucune intervention humaine, c’est-à-dire en les laissant se débrouiller dans un jardin, par exemple. Ils pensent que « la nature est bien faite », que tout se passera pour le mieux dans le meilleur des mondes, et que c’est un cadeau qu’ils font à leurs animaux car ils seront ainsi « en harmonie avec la planète et leur mode de vie originel ».
Grave erreur… Les lois de la nature sont impitoyables : seuls les plus forts survivent.
Les animaux les plus faibles succombent aux maladies, il y a une importante prédation (chiens, chats, mustélidés…), des fausses couches, des bébés morts-nés, des tares génétiques, des malocclusions dentaires, bref, une mortalité importante. C’est quelque chose que l’on cherche normalement à éviter chez les animaux en captivité.

N’oubliez pas non plus que plusieurs milliers d’années de sélection entraînent de grands changements morphologiques et physiologiques. On ne peut pas lâcher un chihuahua en pleine forêt sibérienne en se disant qu’il s’en sortira très bien parce que « après tout, c’est un loup »… Il en est de même pour notre cochon d’Inde domestiqué depuis si longtemps. Sa morphologie, son bagage génétique, sa résistance face à certaines maladies ou encore sa condition physique ne sont pas forcément adaptés à une vie à l’état sauvage, surtout si le changement est radical.
De plus, même s’il reste un animal craintif, un cobaye domestique n’a pas forcément les mêmes réflexes face aux prédateurs ou aux situations dangereuses. Il n’est pas forcément capable de trouver des solutions face à certains problèmes (famine ou aléas climatiques par exemple).

N’oubliez pas non plus qu’en Amérique andine, les cobayes domestiques élevés pour la consommation depuis des milliers d’années ne vivent pas en plein air dans la montagne ! Comme le souligne Edmundo Morales, dans son ouvrage consacré à l’histoire et à l’utilisation des cobayes, 90% de ces animaux eux vivent au sein même des cuisines, contre le poële chaud. Les autres sont hébergés dans des petites constructions, le plus souvent en terre cuite, les cuyeros. C’est une erreur fréquente de croire qu’ils vivent de la même façon que du bétail en plein air, soumis à des conditions météorologiques extrêmes, cherchant leur nourriture par eux-mêmes… Ils sont abrités et nourris en permanence : ils dépendent de l’homme depuis des milliers d’années.

C’est un animal de compagnie !

Qu’on le veuille ou non, la domestication du cobaye en a fait un animal de compagnie. S’il est bien apprivoisé, le cochon d’Inde apprécie énormément le contact humain et le recherche.Il peut rester longtemps dans les bras de son maître en toute confiance, et il adore les câlins et les massages. La preuve infaillible que le cobaye est un animal domestique et qu’il a un lien spécial avec les humains, c’est le sifflement très aigu qu’il émet lorsqu’il veut de la nourriture : c’est un son qui n’existe pas chez les « cobayes sauvages », et qui est le fruit de plusieurs milliers d’années d’évolution auprès des hommes !

Par Marie-Sophie Germain,
avec PassionCobaye.Com